lundi 7 décembre 2009

Les multinationales de l’informatique à la conquête du marché africain

L’essor des télécommunications et de la finance en Afrique accroît considérablement les besoins en informatique du continent. Evalué à 4,5 milliards de dollars en 2010, le marché informatique africain aiguise dorénavant l’appétit des géants internationaux du secteur. Pour ces multinationales, l’Afrique représente aujourd’hui un marché incontournable.

Télécoms et banques : des secteurs moteurs pour l’industrie informatique en Afrique

Pour se positionner sur ce marché émergent, les grands groupes internationaux du secteur développent de nouvelles approches stratégiques d’implantation adaptées aux réalités du continent. L’ancien modèle géographique consistant à rattacher les activités africaines du groupe à un management européen chargé de la zone est abandonné au profit d’une approche locale de gestion.

Par exemple, pour s’enraciner en Afrique, le groupe américain Cisco, leader mondial des solutions réseaux pour Internet, a fixé ses critères de choix en fonction du potentiel et du niveau de maturité de chaque pays. L’Afrique du Sud, le Sénégal et le Kenya servent ainsi de hubs régionaux respectifs pour l’Afrique australe, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est.

De son côté, IBM a choisi de gérer ses activités en Afrique sub-saharienne depuis l’Afrique du Sud. L’Afrique du Nord en revanche est couverte depuis Dubaï. Le tout est chapeauté par le hub de Shangai en Chine, chargé de superviser les activités du groupe dans les pays émergents.

Quant à Sage, le numéro 3 mondial de l’informatique de gestion, il a créé en 2007 une filiale au Maroc, qui gère tout le Maghreb. Le groupe envisage également de créer 2 hubs régionaux en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale pour suivre localement le développement des activités dans ces zones.

Nouvelle stratégie de distribution

La dynamique africaine pousse également les grands groupes à reconsidérer leur plan de distribution sur le continent. Pour vendre leurs produits aux opérateurs de téléphonie, aux administrations et aux entreprises, la plupart des groupes s’appuient sur des partenaires locaux. L’objectif est ici d’accompagner le développement économique des pays africains en s’appuyant sur des distributeurs locaux formés aux nouvelles technologies.

Hewlett-Packard (HP) a entrepris une vaste expansion géographique en multipliant les filiales et les bureaux régionaux. La société s’est offert une large couverture commerciale en s’appuyant sur un maillage de 14000 partenaires distributeurs, appelée à s’élargir davantage pour accompagner sa croissance.

Cisco, quant à lui, a réorienté vers ses distributeurs locaux tous les comptes clients qu’il traitait en direct. Un partenariat avec la société CFAO Technologie a été passé. Dorénavant c’est ce groupe de distribution, présent dans plus de 22 pays africains, qui gère l’installation, la formation et le service après-vente des produits commercialisés par le groupe.

Les géants mondiaux de l’informatique se livrent manifestement à une course effrénée à l’enracinement sur le continent africain. La bataille touche également les fabricants de logiciels d’exploitation.

Logiciels libres contre logiciels constructeurs traditionnels

En Afrique, une majorité d’utilisateurs informatiques, entreprises et particuliers emploie encore massivement les logiciels traditionnels des constructeurs au détriment des logiciels libres. C’est pour concurrencer l’offre payante de son rival Microsoft qu’IBM a lancé le 24 septembre dernier un “paquet” de logiciels accessibles sur Internet pour le marché africain afin d’aider les entreprises à combler le fossé numérique. On y trouve une messagerie électronique, un traitement de texte, un tableur et divers outils de communication. Toutes ces applications utilisent le système d’exploitation Ubuntu de la société sud-africaine Canonical, dérivé du logiciel libre Linux. Ces logiciels libres offrent l’avantage d’être beaucoup moins chers que les logiciels traditionnels. L’offre d’IBM revient en effet moitié moins cher que celle proposée par Microsoft.

Malgré l’intérêt qu’ils représentent pour le développement de l’informatique en Afrique, les logiciels libres sont cependant en perte de vitesse. La concurrence qu’ils font aux logiciels constructeurs reste limitée en raison d’une pénurie de compétences et de profils techniques spécifiques.

Source : Afrique Avenir

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