lundi 2 novembre 2009

Burkina Faso : Risques et dangers des technologies de l'information et de la communication

La Commission d'informatique et des libertés (CIL) organise les 29 et 30 octobre à Gaoua, chef-lieu de la région du Sud-ouest, un séminaire national sur la protection des données à caractère personnel. L'institution de Alimata Ouattara tire la sonnette d'alarme sur les risques et les dangers des technologies de l'information et de la communication.

Pour le ministre de l'Enseignement de base et de l'Alphabétisation Odile Bonkoungou, enseignants et élèves doivent être informés et formés afin de se prémunir contre les dangers des TIC.

«Enjeux de la protection des données personnelles et de la vie privée des élèves : risques et dangers liés à l'utilisation des Technologies de l'information et de la communication (TIC)». Le thème du séminaire national de sensibilisation ouvert, jeudi 29 octobre à Gaoua, chef lieu de la région du Sud-ouest connaît un engouement certain. La session a regroupé les acteurs et utilisateurs des TIC, en l'occurrence les élèves, parents d'élèves, enseignants, opérateurs de téléphonie, gérants de cybers autour de la loi portant «Protection des données à caractère personnel au Burkina Faso».

Les participants vont bénéficier de communications sur les enjeux, les dangers des nouveaux outils de communication et de conseils pour une utilisation sécurisée, saine et optimum des TIC. En somme, du rôle à double tranchant que ces avancées peuvent jouer dans la vie humaine. La Commission d'informatique et des libertés (CIL), organisatrice du séminaire, fonde l'espoir de voir les différents acteurs s'approprier les normes et exigences en matière de TIC. «Les élèves notamment devraient avoir une meilleure vision du monde numérique et adopter un comportement responsable.

Cette frange jeune utilise les outils technologiques en toute insouciance du revers de la médaille», a insisté la présidente de la CIL, Alimata Ouattara à l'ouverture des travaux. Les contenus inappropriés d'Internet et du portable, les propositions indécentes des prédateurs sexuels, l'incitation à des activités antisociales sont entre autres les dangers guettant les jeunes.

A cela s'ajoute, le risque de désalphabétisation liée à l'utilisation de l'orthographe des SMS. Selon Mme Ouattara, le défi serait d'utiliser les potentialités des TIC, Internet et les téléphones portables, tout en évitant ses inconvénients. Toute chose qui éviterait les films comme ceux qui ont fait le tour de la ville de Ouagadougou montrant des jeunes élèves s'adonnant à des actes sexuels sur Internet et les téléphones portables.

Plusieurs personnalités dont la ministre de l'Enseignement de base et de l'Alphabétisation Odile Bonkoungou et le gouverneur de la région du Sud-Ouest soutiennent cette initiative de la CIL en faveur de la jeunesse. «Développer l'usage des TIC c'est bien mais il faut permettre aux gens de cerner tous les contours des outils technologiques», a déclaré Mme Bonkoungou, présidant la cérémonie d'ouverture. Elle a indiqué que le séminaire vient à point nommé pour rappeler les droits et les devoirs en matière d'utilisation des TIC. «Nous adhérons pleinement à cette initiative de la CIL», a-t-elle soutenu.

De l'avis de la ministre, il est urgent que des échanges se multiplient autour de la problématique des dangers des TIC afin que chaque acteur prenne ses responsabilités pour que les fautifs soient punis. Odile Bonkoungou a confié que dans un élan de protection des élèves contre les effets pervers des TIC, son département devrait prendre des dispositions pour accompagner les enfants dans la compréhension des questions liées aux données à caractère personnel. «Il est essentiel que l'enseignant sache ce qu'il peut faire pour améliorer ses méthodes d'apprentissage et la qualité de l'éducation à travers les TIC», a-t-elle ajouté.

Un plaidoyer est nécessaire à la prise de mesures au niveau du ministère pour que les acteurs de l'éducation comprennent que face à l'utilisation des TIC, il y a des précautions à prendre. Le chef du département de l'Enseignement de base relève tout de même que les TIC sont incontournables en matière de développement. Conscientes de cela, les autorités ont pris des initiatives visant à les vulgariser et à faciliter leurs accès aux TIC dans le but exclusif de favoriser le bien-être et le développement. Pour prévenir les risques et les dangers, l'Etat a adopté la loi sur la protection des données à caractère personnel.

Le séminaire de Gaoua s'inscrit dans une série destinée à une meilleure connaissance des textes que la CIL organise à travers le pays après avoir commandité une étude sur la question. Pour le premier adjoint au maire de Gaoua , Jean-Baptiste Sib, le choix de sa ville pour abriter une telle rencontre revêt une considération car elle offre l'occasion aux habitants de la cité du Bafoudji de renforcer leurs connaissances sur les risques et dangers des TIC.

La CIL est une autorité de contrôle créée en 2004. Elle est chargée de veiller au respect de la loi relative à la protection des données à caractère personnel et d'édicter des mesures législatives ou règlementaires en vue d'adapter la protection des libertés à l'évolution des procédés et techniques informatiques . L'institution a également pour mission de conseiller les personnes et organismes qui ont recours au traitement automatisé d'informations nominatives.

Source : lefaso.net

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